La Chine, nouvel eldorado des touristes
L'empire
du Milieu a accueilli près de 22 millions de visiteurs au cours du premier
semestre 2007 et s'apprête à devenir la première destination touristique du
monde. Devant la France.
Les
experts de l'Organisation mondiale du tourisme (OMT) sont formels : la Chine
n'attendra pas 2020, comme initialement prévu, pour détrôner la France à la
première place du tourisme mondial. Elle devrait monter sur le podium dès 2014.
Au cours des cinq premiers mois de cette année, elle a déjà reçu 21,53 millions
de touristes étrangers, soit 10,1 % de mieux que l'an dernier. Les Jeux
olympiques de Pékin l'an prochain et l'Exposition universelle de Shanghaï en
2010 ne peuvent que renforcer cette croissance. « Dès l'ouverture de la Chine,
au début des années 1980, Deng Xiaoping parlait déjà de l'importance du
tourisme, rappelle Yang Mingzhu, correspondant à Paris du Quotidien de
l'économie, le grand journal économique chinois. Ces dernières années, le
gouvernement a pris toute une série de mesures pour encourager les pouvoirs
locaux à aménager leurs sites. »
L'an
dernier, 400 000 Français se sont rendus en Chine, et 5 à 8 % de plus sont
attendus cette année. Une goutte d'eau, comparée aux 3 millions de Japonais et
de Coréens, ainsi qu'aux autres touristes du monde. Les Français n'arrivent
qu'en seizième position des visiteurs étrangers (derrière les Britanniques et
les Allemands). Mais leur nombre est en constante augmentation. Ne serait-ce
que chez les voyagistes. Nouvelles Frontières progresse en moyenne de 20 % par
an et Voyageurs du Monde de 15 %. Ce dernier tour-opérateur envoie chaque année
quelque 4 000 personnes dans l'ancien empire du Milieu. Mieux. Agent général
pour les Jeux olympiques de Pékin, il vend chaque semaine une cinquantaine de
voyages liés à l'événement. Asia (6 000 clients l'an dernier) progresse
également de 25 % cette année. Maison de la Chine (13 000 clients) annonce une
hausse de 39 % et Kuoni (1 800 clients) 40 %.
À la une de l'actualité politique
et culturelle
La
liste pourrait être longue, tant les brochures sont désormais légion sur la
destination. « Plus d'une trentaine », se félicite Yang Wen Ren, directrice de
l'office du tourisme chinois à Paris. Et le succès ne relève pas du feu de
paille. Il y a tant à voir dans ce pays continent grand comme dix-sept fois la
France que les touristes reviennent jusqu'à cinq ou six fois. La première fois,
ils découvrent la Chine le temps d'un itinéraire classique d'une semaine,
Pékin, Xian, Shanghaï et, éventuellement, Hongkong. « Puis ils se rendent au
Yunnan ou au Sichuan, aux confins du Tibet. L'Himalaya est également très
tendance », remarque Jean-Paul Chantraine, le PDG d'Asia.
Les
raisons de ce succès sont multiples. D'abord, le pays fascine. Sans cesse à la
une de l'actualité politique, économique et culturelle internationale, « il
rappelle tous les jours à chacun à quel point il est une destination
impérative. C'est exactement le même phénomène qu'il y a vingt ou trente ans,
quand on se disait qu'il fallait absolument aller aux États-Unis », commente
Jean-Paul Chantraine. Sur place, le contraste entre l'ultramodernisme des
grandes villes et la tradition ancestrale des campagnes impressionne. En une
dizaine d'années, la Chine, si longtemps fermée, est devenue un pays facile
d'accès. Au départ de France, il existe un véritable pont aérien pour Pékin,
Shanghaï et Canton, assuré par Air France et trois compagnies chinoises (Air
China, China Eastern Airlines, China Southern Airlines). Sur place, les
liaisons routières se sont considérablement développées, à commencer par les
autoroutes qui n'existaient pas au début des années 1980. Même chose pour le
transport ferroviaire. Ainsi, depuis la mise en service de la ligne
Pékin-Lhassa, le train le plus haut du monde, il y a un an, le nombre de visiteurs
au Tibet a augmenté de 39 % et trois millions de personnes devraient s'y rendre
cette année.
Enfin,
les infrastructures touristiques se sont améliorées. Dans les grandes villes,
les hôtels de luxe foisonnent. Et un peu partout dans les provinces reculées,
d'anciennes maisons se transforment en hôtels de charme. Résultat : le tourisme
individuel est désormais possible. Enfin, la destination est bon marché.
L'hiver, on peut passer cinq jours à Pékin ou à Shanghaï pour 800 eur en hôtel
5 étoiles, avion compris. Une semaine en pension complète revient en moyenne à
1 200 eur , deux semaines à 2 000 eur . Et sur place, la vie n'est pas chère.
Tout est donc réuni pour que la Chine séduise encore longtemps. « On a trente
ans devant nous », estime Jean-François Rial, le PDG de Voyageurs du Monde.
Source: Le Figaro

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