Noms de rue en vente en Chine
L'Angleterre vendait jusqu'aux années 1920 les sièges à la Chambre des
lords, la France des titres de noblesse. Wuhan, la grande ville du
centre de la Chine (plus de 8 millions d'habitants), envisage, elle, de
vendre à des sociétés les noms des rues, des places, des ponts, des
gratte-ciel au grand regret d'un des éditorialistes du « China Daily ».
L'objectif des autorités de cette ville - où, rappelle-t-on par
ailleurs, est installée la principale usine du groupe PSA Peugeot
Citroën en Chine - est de renflouer les caisses de la municipalité.
L'éditorialiste s'élève contre ce projet qui montre à quel point « sa ville adorée est tombée » pour envisager de baptiser les rues de son enfance de « noms rappelant le mercantilisme ».
Par exemple, la rue de Renshou, le mot chinois pour « bienveillance et
longévité », pourrait un jour s'appeler « Enwei », le nom du groupe
chinois de médicaments de confort. Un peu gênant pour ses habitants,
imagine le « China Daily ». L'autre risque est de voir le nom des rues
changer en fonction de celui de l'acheteur avec l'obligation de
modifier à chaque fois l'adresse sur sa carte d'identité. Mais il y a
pire pour le « China Daily » : « C'est la capacité des responsables municipaux à gérer la ville. »
En principe, poursuit le quotidien chinois, leur principale mission est
de créer des conditions favorables à la croissance économique locale
ou, « en d'autres termes, de créer de la richesse plutôt que de vendre le patrimoine ».
Or la ville, qui fut pendant longtemps le quatrième centre économique
après Shanghai, Pékin et Tianjin, a chuté au 14e rang en 2005 pour le
PIB par habitant. Un peu nostalgique, le journaliste note que si Wuhan
reste encore à un rang élevé en termes de ressources (7e), c'est
largement grâce à son héritage de centre industriel et commercial et
aux investissements réalisés par le gouvernement central pendant les
années de planification économique. D'après une très récente étude de
la Banque mondiale, Wuhan est classé au 19e rang sur 120 villes
chinoises en termes de climat d'investissement mais au 78e en termes
d'efficacité de sa municipalité. « Ce qui, note l'auteur, suggère bien que les autorités locales devraient redoubler leurs efforts pour améliorer la situation économique locale. »
Source: Les Echos
Source: Les Echos

Comments