Shanghai: la Filiere Francophone

Shanghai: la Filière Francophone s’étend
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La Filière Francophone de Shanghai, créée en 1998, vient de devenir Filière Francophone Chine. Retour sur une expérience passionnante (cf. FDLM n° 328, p. 18).
Septembre-octobre 2004 - N°335
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À sa création, en 1998, l’objectif de la Filière Francophone de Shanghai était de développer le français dans les collèges et les lycées de Shanghai. À la tête de ce projet, trois experts nommés par le ministère français des Affaires étrangères. En septembre 2002, après quatre ans d’effort, la filière ne comptait que quatre lycées et guère plus de 500 élèves, de 11 à 18 ans. La filière stagnait.

Une gestion sans faille

Dix-huit mois plus tard, quinze établissements shanghaïens adhèrent à la filière, 1400 élèves apprennent le français. Dans chaque école, un binôme « professeur français-professeur chinois » pour l’enseignement, une méthode française pour les élèves… Cette explosion n’est pas seulement le résultat d’un travail acharné de la nouvelle équipe mise en place en 2002, mais aussi d’un contexte propice au développement d’une seconde langue vivante étrangère. La Chine s’ouvre, entre à l’OMC, organise les Jeux Olympiques de 2008 et prépare l’Exposition Universelle de 2010. La France séduit, elle est romantique, pacifiste et les années croisées (celle de la Chine en France et celle de la France en Chine) tombent à point nommé.
Face aux succès incontestables de toute l’équipe, la France a décidé d’étendre la structure à la Chine entière. La Filière Francophone de Shanghai s’appelle désormais Filière Francophone Chine. L’un des trois experts va partir en poste à Pékin. Et, déjà, à Hangzhou, plusieurs établissements ont ouvert des classes de français respectant les critères mis en place à Shanghai. Cet engouement pour le français exige toutefois une gestion sans faille. En effet, plus le nombre d’établissements augmente, plus les difficultés se multiplient : recruter trois enseignants est assez aisé. En recruter quinze devient problématique. Certains établissements sont d’excellents collaborateurs. Nous leur offrons le matériel nécessaire à l’ouverture de leur première classe ; en contrepartie, ils respectent à la lettre les règles de la filière, organisent ou accueillent des manifestations culturelles. Des enseignants sont parfois accompagnés en voiture. D’autres en revanche n’acceptent pas « notre ingérence » et ne tiennent pas leur parole : les cours sont annulés à la première activité extra scolaire, les effectifs dans les classes sont trop lourds. Délicat d’imposer un salaire horaire : un professeur chinois est payé 20 RMB alors que la filière demande 200 RMB pour tous les enseignants. Impossible aussi de forcer un lycée à changer de professeur. Quant à l’exclusion d’un établissement, il n’en est pas question. Alors, on se déplace, on rencontre, on parle et l’on essaie de convaincre les proviseurs que quatre cours par semaine donnent de meilleurs résultats…

Quelques problèmes

Par ailleurs, la méthode communicative ne plaît pas à tout le monde et le professeur français est souvent relégué aux activités ludiques… À la fin du premier semestre, nous avons organisé notre premier examen commun à tous les établissements. Même s’il s’agissait d’une évaluation sommative, les notes reflétaient les problèmes de chaque lycée. Le meilleur établissement de la ville avait décidé que deux cours par semaine suffiraient à ses élites. Résultat : la moyenne la plus basse de la filière. Idem pour le lycée qui a engagé un professeur de français ne parlant qu’anglais…
Et malgré les formations pédagogiques organisées par la filière, malgré une progression rigoureuse, le niveau des élèves est assez bas. Le programme n’accepte pas de retard et les enfants ne sont pas concentrés.
Pendant les deux années à venir, le nombre d’étudiants en français dans les collèges et les lycées va encore augmenter. Maintenant, la tâche de la Filière Francophone sera non seulement de consolider la structure mise en place, mais aussi de motiver les lycéens. Un grand pas a été fait avec le jumelage systématique de tous les établissements et avec les premiers échanges d’élèves. La dernière journée portes ouvertes sur les études dans les universités françaises et le programme « Classes préparatoires » destiné à envoyer les meilleurs scientifiques en France ont eux aussi remporté un succès inattendu. Mais tant que le français sera absent des examens officiels, les autres matières seront toujours privilégiées…

Emmanuelle Saunier
Responsable Filière Francophone Chine
(http://filiere.francophone.free.fr/)

 

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