Yuan, la nouvelle donne USA-Chine
La réévaluation du yuan contre le dollar va se dérouler en parallèle à
l’ouverture du système financier chinois explique Adrien Pichoud,
économiste chez Global Equities
Le point haut atteint par le yuan contre le dollar la semaine dernière est-il l’illustration de la nouvelle relation entre les Usa et la Chine en matière financière ? C’est ce que pense l’économiste de Global Equities Adrien Pichoud qui vient de livrer un intéressant décryptage du récent voyage du nouveau Secrétaire au Trésor américain Henry Paulson en Chine
« Réputé fin connaisseur du monde financier chinois (il a contribué au développement des activités de Goldman Sachs en Chine dans ses précédentes fonctions, s’y rendant plus de 70 fois), Henry Paulson semble avoir trouvé le ton juste pour amorcer un rapprochement de points de vue entre les Etats-Unis et la Chine sur l’épineuse question de la parité dollar/yuan » observe-t-il.
Et de poursuivre : « En évitant d’appeler explicitement et publiquement à une appréciation sensible du yuan contre le dollar, le Secrétaire au Trésor américain a, semble-t-il, ménagé la susceptibilité des dirigeants chinois, qui répondaient invariablement aux appels de son prédécesseur que personne ne pouvait dicter à la Chine ce qui était dans son intérêt. Henry Paulson s’est contenté de rappeler l’attachement des États-Unis à la libre détermination des taux de changes par le marché, sans montrer explicitement la Chine du doigt ni réclamer d’échéance. »
Pour contourner l’écueil, Paulson a « largement milité pour une plus grande ouverture des marchés financiers chinois, à quelques mois de l’entrée en vigueur des accords passés avec l’OMC dans ce domaine » et il a « insisté sur les bénéfices mutuels que pourraient tirer les économies chinoise et américaine d’une telle ouverture. » Il a également mentionné, ce qui ne peut que satisfaire Pékin, « le fait qu’une plus grande flexibilité du système de change du yuan ne pourrait se faire qu’avec un système financier chinois fort et que l’entrée d’investisseurs étrangers dans le capital des banques chinoises ne pourrait que bénéficier au système financier de ce pays».
L’expert de Global Equities souligne que ce nouveau discours a immédiatement été suivi d‘effets. « En effet, à la suite de cette visite en Chine, le yuan a enregistré sa plus forte appréciation en 2 semaines depuis la réévaluation du mois de juillet 2005, pour atteindre un plus haut à 7.8965 USD/CNY contre le billet vert. Cette accélération du rythme d’appréciation de la devise chinoise est intervenue à point nommé pour rendre acceptable par l’opinion publique américaine la demande faite par le président Bush aux sénateurs C. Schumer et L. Graham d’abandonner leur projet de loi visant à imposer des tarifs douaniers de 27.5 % sur les importations américaines en provenance de Chine. » Reste à maintenant à savoir si cette nouvelle donne peut durer.
Source: Chine Infos
Le point haut atteint par le yuan contre le dollar la semaine dernière est-il l’illustration de la nouvelle relation entre les Usa et la Chine en matière financière ? C’est ce que pense l’économiste de Global Equities Adrien Pichoud qui vient de livrer un intéressant décryptage du récent voyage du nouveau Secrétaire au Trésor américain Henry Paulson en Chine
« Réputé fin connaisseur du monde financier chinois (il a contribué au développement des activités de Goldman Sachs en Chine dans ses précédentes fonctions, s’y rendant plus de 70 fois), Henry Paulson semble avoir trouvé le ton juste pour amorcer un rapprochement de points de vue entre les Etats-Unis et la Chine sur l’épineuse question de la parité dollar/yuan » observe-t-il.
Et de poursuivre : « En évitant d’appeler explicitement et publiquement à une appréciation sensible du yuan contre le dollar, le Secrétaire au Trésor américain a, semble-t-il, ménagé la susceptibilité des dirigeants chinois, qui répondaient invariablement aux appels de son prédécesseur que personne ne pouvait dicter à la Chine ce qui était dans son intérêt. Henry Paulson s’est contenté de rappeler l’attachement des États-Unis à la libre détermination des taux de changes par le marché, sans montrer explicitement la Chine du doigt ni réclamer d’échéance. »
Pour contourner l’écueil, Paulson a « largement milité pour une plus grande ouverture des marchés financiers chinois, à quelques mois de l’entrée en vigueur des accords passés avec l’OMC dans ce domaine » et il a « insisté sur les bénéfices mutuels que pourraient tirer les économies chinoise et américaine d’une telle ouverture. » Il a également mentionné, ce qui ne peut que satisfaire Pékin, « le fait qu’une plus grande flexibilité du système de change du yuan ne pourrait se faire qu’avec un système financier chinois fort et que l’entrée d’investisseurs étrangers dans le capital des banques chinoises ne pourrait que bénéficier au système financier de ce pays».
L’expert de Global Equities souligne que ce nouveau discours a immédiatement été suivi d‘effets. « En effet, à la suite de cette visite en Chine, le yuan a enregistré sa plus forte appréciation en 2 semaines depuis la réévaluation du mois de juillet 2005, pour atteindre un plus haut à 7.8965 USD/CNY contre le billet vert. Cette accélération du rythme d’appréciation de la devise chinoise est intervenue à point nommé pour rendre acceptable par l’opinion publique américaine la demande faite par le président Bush aux sénateurs C. Schumer et L. Graham d’abandonner leur projet de loi visant à imposer des tarifs douaniers de 27.5 % sur les importations américaines en provenance de Chine. » Reste à maintenant à savoir si cette nouvelle donne peut durer.
Source: Chine Infos

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