Wal-Mart en Chine autorise la présence des syndicats

Ce que Wal-Mart ne fait pas aux Etats-Unis, il le fera en Chine. Le géant américain de la distribution s'est plié aux exigences de la All China Federation of Trade Unions (ACFTU), syndicat officiel et unique, qui réclamait la mise en place d'une structure syndicale. Un bras de fer de deux ans prend ainsi fin.
 
Six syndicats - un par magasin - se sont créés ces deux dernières semaines et la direction du groupe vient de donner son aval pour le reste des magasins du pays. Mieux : la direction de Wal-Mart a publié un communiqué dans lequel elle s'engage à « soutenir la Chine dans la construction d'une société harmonieuse »...
 
Pour ses ambitieux projets d'expansion, qui prévoient l'ou-verture d'une vingtaine de magasins supplémentaires d'ici à la fin de l'année, Wal-Mart a donc bien voulu revenir sur ses sacro-saints principes et accorder le droit de se syndiquer à ses quelque 30 000 employés, répartis sur près de 60 magasins, alors que jamais un syndicat n'avait été créé au sein de la compagnie.
 
150 000 embauches prévues d'ici à cinq ans

Installé depuis 1996 en Chine, le numéro un mondial de son secteur a coulé des jours tranquilles jusqu'en 2004, date à partir de laquelle l'Afctu n'a plus relâché la pression sur l'américain. Subtilité de la loi chinoise, il n'est pas obligatoire pour une compagnie étrangère de se doter d'un syndicat, mais il est illégal d'en refuser la constitution si les employés la réclament.
 
Il y a quelques mois, la tension est montée d'un cran, quand Wang Zhaoguo, président de l'Afctu, déclarait vouloir contraindre les entreprises étrangères à créer des syndicats. Selon lui, seulement un tiers des compagnies à capitaux étrangers accueillent des syndicats, quand les autorités voudraient voir passer ce chiffre à 60 % d'ici à la fin de l'année. Explication : « soit les entreprises ont souvent des tailles petites, soit elles ont du mal à susciter des vocations syndicales parmi leur personnel », expliquent les avocats de Gide Loyrette Nouel à Shanghaï.
 
Et puis les autorités chinoises hésitent aussi avant de mettre une trop forte pression sur les multinationales, qui représentent une manne financière. Wal-Mart a ainsi acheté, en 2005, pour 18 milliards de dollars de produits aux fabricants chinois. Par ailleurs, l'américain prévoit d'embaucher 150 000 personnes en Chine dans les cinq années à venir. Des arguments séduisants pour Pékin. Mais pas au prix de la perte de contrôle de son économie. La Chine, régulièrement épinglée par les organisations internationales, a beau jeu d'évoquer la protection des travailleurs. Elle veut surtout garder un oeil sur tous les aspects de son développement et craint plus que tout l'émergence d'un Lech Walesa local.
 
Les grands groupes, alléchés par la croissance chinoise, ne voient pas d'inconvénient à se plier aux exigences du Parti, dès lors que les affaires tournent. Carrefour ou McDonald's ont des syndicats dans la plupart de leurs magasins et restaurants.

Source: Le Figaro
 

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